L’émergence des normes environnementales

On a parlé d’écologie dans les années 1980, d’environnement dans les années 1990, de développement durable dans les années 2000, de responsabilité sociétale et environnementale dans les années 2010, traduction sémantique de l’évolution des préoccupations de nos sociétés au cours des dernières décennies. Cette évolution s’est accompagnée d’un substantiel travail normatif auquel la France a largement contribué.

Si l’Allemagne a lancé le premier label vert d’Europe en 1977 il faut attendre 1990 pour que la France se penche sur le sujet, en réponse aux initiatives des entreprises et à l’influence de l’Allemagne auprès de l’UE. « Nous avons décidé de mettre en place un label national aussi vite que possible, dans l’espoir de peser d’avantage dans les discussions à Bruxelles », explique alors à Enjeux Brice Lalonde, Ministre délégué à l’Environnement. Les travaux démarrent.

Au-delà des nécessités politiques, on assiste à un changement de paradigme. Avant, l’environnement relevait de la sécurité et de la santé des travailleurs, dix ans plus tard, il a quitté le giron de la sécurité. A l’instar de l’introduction de la démarche qualité, le management vert s’accompagne d’une mutation culturelle au sein des organisations.  bientôt, la France fera figure de leader.

En 1993, un an après les britanniques, Afnor publie X30-200, première norme française de management environnemental, saluée par les entreprises. « Cette norme, parce qu’elle fournit l’armature du système de management à mettre en place, instaure le dialogue et la transparence entre l’entreprise et son environnement, est à la fois un objectif, une norme et une garantie », déclare Péchiney.

Au même moment, dans la foulée du Sommet de Rio, l’ISO monte un comité technique pour travailler à ce qui deviendra ISO14001. Rhône-Poulenc, qui vient de lancer le cercle de réflexion ‘‘Entreprises pour l’Environnement’’, rejoint le CT par la voie de son Directeur de l’environnement, Jacques Salamitou. « La vision française l’a emporté », se souvient-il. La norme française démontre l’aptitude de l’entreprise à maîtriser ses effets sur l’environnement. « Elle instaure une rigueur, optimise les ressources, implique la direction générale, motive les équipes, confère une crédibilité externe ». ISO 14001, dont la première version est publiée en 1996, s’inspire de la démarche qualité d’ISO 9000, « mais le grand progrès, s’enthousiasme Jacques Salamitou, c’est la notion d’amélioration continue. Le schéma n’est pas un cercle mais une spirale, on peut progresser à chaque tour ! ». Ne pas atteindre la perfection en une seule fois, c’est ce qui fera le succès de la norme au sein des PME, dont les moyens sont limités.

Entre temps, en 1994, Afnor a publié X30-300, sur l’analyse du cycle de vie. La France fait désormais figure de pionnier en matière d’écobilan et promeut le pays au rang de chef de file de travaux de l’ISO (TC 207/SC5), préparant ISO 14040 en 1996.

La France récidive avec SD 21000 en 2003, norme de développement durable qui servira à l’élaboration d’ISO 26000, publiée en 2010 – Selon les propres mots de Didier Gauthier, alors président de la commission Responsabilité sociétale d’AFNOR,  « Un outil de progrès, dans une logique d’ouverture et d’évolution de culture ».

Stéphanie Nedjar

Catégories :Uncategorized

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