Ports français, une nouvelle stratégie

Ports français : vers une stratégie de normalisation

Dunkerque, La Rochelle, Le Havre, Toulon, Point-à-Pitre, Strasbourg. Au printemps dernier, ces ports rencontraient les équipes de l’AFNOR, occasion de détailler les ambitions de la toute récente Stratégie nationale portuaire, élaborée dans le cadre du Plan de Relance.

Décarbonation, biodiversité, réindustrialisation, cybersécurité : autant d’enjeux nationaux qui sont des défis pour les ports français confrontés, en parallèle, aux changements climatiques, à la massification des flux de marchandise – et donc à la croissance régulière de la taille des navires – à l’exacerbation de la concurrence internationale.

Pour faire face à une feuille de route exigeante, les autorités portuaires peuvent appuyer leurs actions d’intérêt général sur la normalisation volontaire. En effet, « la normalisation est au service de la performance portuaire », a pu témoigner  Bernard Plisson, Directeur de la stratégie et de la transition écologique du Port Atlantique La Rochelle, lors d’une rencontre organisée entre les acteurs portuaires et ceux de la normalisation, le cas de La Rochelle montrant comment les normes de management peuvent être un outil d’intégration des enjeux sociétaux.

Le port et le territoire

« Nous avons débuté notre relation avec la normalisation de façon très classique : la qualité, puis la sécurité, puis l’environnement, dans le cadre classique d’une recherche d’amélioration continue », explique t-il. En 2007, le port reçoit sa certification ISO 9001, puis ISO 14001 en 2011, et OHSAS 18001 en 2014, soit un référentiel de management HQE complet. Et puis, « lorsque ISO 26000 s’est développé, nous nous sommes rendu compte que cela nous permettait d’élargir les enjeux, à un moment – en 2011 – où nous nous intéressions à l’ancrage territorial du port et à son développement ». L’autorité portuaire élabore alors une charte de développement durable en 64 points et autant d’actions nécessaires de façon à ce que le développement du port soit accepté par les différentes parties prenantes. « Le fait d’avoir un système de management préexistant nous a permis d’intégrer ces nouveaux enjeux, élargissant notre champ de vision et nous offrant une véritable ouverture », ajoute Bernard Plisson. En 2015, le port élargit cette charte à l’ensemble des acteurs de l’écosystème portuaire, charte à laquelle adhèrent aujourd’hui 26 entreprises. « La norme a été un très bel outil de gestion collective d’enjeux qui s’imposaient à la collectivité » a t-il conclu. Après avoir commencé par l’adoption des principes d’ISO 9001, le Port Atlantique mène aujourd’hui des actions articulées autour de la responsabilité sociétale avec toute la place portuaire, et même avec l’ensemble du territoire, puisqu’il a aussi impliqué la ville de La Rochelle.

Dans un autre registre, les ports de plaisance de la région Provence-Alpes-Côte-D’azur, ont, eux aussi, pu porter leurs préoccupations au-delà de leurs limites territoriales grâce à la certification Ports Propres. « Les ports de plaisance sont, évidemment, l’interface entre la terre et la mer », a expliqué Véronique Tourrel, Déléguée générale de l’Union des Ports de Plaisance Provence-Alpes-Côte-D’azur et Monaco. « Tout ce qui arrive du bassin versant se déverse dans les ports, il est donc indispensable que les audits ne se limitent pas aux frontières administratives portuaires, mais bien à l’ensemble du bassin. Le gestionnaire du port, même s’il n’a pas autorité, a quand même le devoir, pour être certifié, d’informer l’ensemble des parties prenantes, sous-entendant ainsi qu’il souhaite que toutes les entités qui peuvent avoir une influence sur la qualité environnementale du port soient, à minima sensibilisées, voire agissent dans le même sens ». L’obligation d’information permet donc d’agir avec le territoire. « Nous avons également beaucoup travaillé avec la CCI du Var, qui exploite le terminal du port de commerce de Toulon, qui vient de démarrer une expérimentation au niveau de son terminal passagers. On essaime ! ».

Un effet levier

« Les enjeux des ports sont les enjeux des territoires, et vice-versa », note Florence Castel, Présidente du CoS Transport et Logistique, et la certification permet de porter les préoccupations des autorités portuaires dans ces territoires.

En outre, participer à l’élaboration de la norme permet d’édicter des règles du jeu à la hauteur des enjeux. En 2008, naissait la certification sur les Ports Propres. Trois ans plus tard, l’Union des ports de plaisance de PACA a souhaité en faire un standard européen. « Nous ne voulions pas de nivellement par le bas », explique Véronique Tourrel. « Notre souhait était vraiment que cette certification soit reconnue pour sa qualité, son objectivité, et son jusqu’auboutisme environnemental ». D’ailleurs, depuis, afin de relever le niveau d’exigence, l’Union des ports de plaisance a contribué à la mise au point d’un nouveau standard, la certification Ports Propres Actifs en Biodiversité.

« Qui tient la plume tient la norme, qui tient la norme tient le marché », rappelle souvent Florence Castel !

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